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Mes passions

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Editions Le Dilletante
600 pages

 

Ce que j'en ai pensé :

Camille survit en faisant des ménages tard le soir dans les bureaux désertés. Elle a toujours sur elle son carnet sur lequel elle dessine tout le temps. Elle semble avoir souffert dans son passé, un passé dont elle ne mentionne jamais rien. Elle habite dans un réduit sous les toits dans un immeuble cossu et ancien de Paris. Elle rencontre Philibert, un jeune homme qui souffre de troubles et de bégaiement. Ce jeune aristocrate très timide habite un très grand et ancien appartement dans le même immeuble que Camille, c'est un passionné d'Histoire. Il vit avec un colocataire, Franck, un écorché vif qui a du mal à se contrôler surtout dans son langage. Malgré son aspect un peu rebelle, c'est un tendre qui dès que son travail de cuisinier "je devrais dire très bon cuisinier"  lui en laisse le temps, enfourche sa moto pour aller voir Paulette, sa grand-mère. Paulette a 83 ans, elle vit seule et tombe tout le temps aussi Franck est obligé de la mettre dans une maison de retraite. Loin de sa demeure elle attend la fin, elle ne vit que pour les moments où son petit-fils vient la voir.
Ces quatre éclopés vont se rencontrer, une rencontre improbable, et pourtant…. Ils vont être réunis dans ce grand appartement. Ils vont s'aider et se soutenir…


Moi j'ai adoré cette lecture. C'est une histoire simple, dans un langage simple mais qui vous émeut jusqu'au plus profond de vous.
Une écriture elle aussi très simple, sans fioritures, pour nous faire vivre auprès de ces quatre personnes complètement paumées des moments remplis d'amitié, d'amour, de tendresse mais aussi des moments tragiques et d'une vérité bien réelle.
Chaque personnage nous touche, on a envie de les aider aussi bien les uns que les autres. Des scènes qui vont droit au cœur, des mots qui sont criants de vérité et de sensibilité.
Une très belle lecture.


Quatrième de couverture :

" Et puis, qu'est-ce que ça veut dire, différents ? C'est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes... Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences... " Camille dessine. Dessinais plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l'existence tourne autour des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l'idée de mourir loin de son jardin. Ces quatre là n'auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop cabossés... Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l'amour -appelez ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu. Leur histoire, c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber, ils s'aident à se relever.


Editions "Les Nouveaux Auteurs"
508 pages

Ce que j'en ai pensé
Près de sa maison, en Ariège, Gabriel observe un vieil homme qui contemple pendant de longues heures, assis sur un banc, le ciel. Gabriel, un peu curieux, le rejoint et fait sa connaissance. Il s'appelle Thuan, il est vietnamien et il commence à parler de sa jeunesse et de sa vie à Hoi An au jeune garçon. Il se dégage de sa personne un sentiment de paix intense et on a envie de mieux le connaître et de mieux l'écouter.
Mais le lecteur n'est pas le seul car Gabriel intéressé par les propos du Petit Homme  lui demande de se raconter. "Je l'appelle le Petit Homme car il paraissait vraiment petit. Même assis" nous dit Gabriel. A partir de ce jour et pendant plusieurs semaines, le Petit Homme lui fait, et nous fait, partager les moments les plus intenses de sa longue vie. Combattant viet cong lors de la guerre du Vietnam contre les Américains, il quitte famille, parents, femme et enfants pour se jeter à corps perdu dans une bataille sanglante d'où il en ressortira détruit.
Les drames de sa vie alternent tout au long des 508 pages du livre, avec des chapitres où le Petit Homme fait réfléchir Gabriel et Virginie, qui les a rejoints, sur la vie, la mort, Dieu et l'Univers, la réincarnation, le présent et le passé…
Ce qui frappe dans cette lecture c'est la grande sagesse de ce vieil homme. Il parle comme un maître et tente de répondre à toutes les interrogations des deux jeunes gens qui viennent d'être confrontés à la mort. Il leur transmet son expérience et sa sagesse, analyse les sentiments et les interprète.
"Le passé était le passé, je ne pouvais plus avoir d'action dessus, je ne pouvais pas revenir dessus".
Un livre qui raconte deux histoires qui s'entremêlent : celle d'aujourd'hui où deux adolescents, Gabriel et Virginie, qui, après avoir écouté le vieil homme, s'interrogent sur la vie et la mort et celle de Thuan et de la guerre au Vietnam.
Des scènes tendres, des discours philosophiques alternent avec les atrocités de la guerre. C'est un livre empreint de beaucoup de sagesse et de paix intérieure malgré les terribles épreuves qu'a subi le vieil homme et qu'il nous décrit avec beaucoup de véracité.
L'écriture est fluide, le style simple et alerte. L'émotion naît au détour de nombreux souvenirs. L'intérêt ne faiblit pas et captive tout en nous faisant réfléchir sur notre existence même si nous ne sommes pas toujours en parfait accord avec Thuan, car pour ma part j'ai trouvé les discussions philosophiques parfois un peu tirées par les cheveux et bien trop longues. J'ai fait de nombreuses découvertes au sujet de cette guerre au Vietnam.  J'ai bien aimé également le récit de Thuan lorsqu'il nous fait voyager dans son pays, il donne envie de voyages, de s'imprégner d'une nouvelle cultur.
En attendant je suis allée chercher certain nombre de photos sur Internet pour avoir des images de ces villes dont le Petit Homme a parlé.
Un livre très intéressant et qui fait passer de bons moments de lecture.

La quatrième de couverture :

Deux cultures, une rencontre, un voyage au coeur du Vietnam en guerre et une plongée au plus profond de nous-mêmes : commence alors le plus extraordinaire des voyages initiatiques, philosophiques et historiques ! La vie, la mort, la réincarnation, le bonheur, le temps, l'amour, voilà toutes les questions que se posent Gabriel et son amie Virginie, deux adolescents qui s'interrogent sur le sens et la valeur de la vie. A travers l'histoire de Thuan, un ancien Viêt-cong réfugié en France, et de son combat contre l'armée américaine lors de la guerre du Vietnam, le vieil homme tentera de répondre à toutes leurs interrogations et leur transmettra son expérience, sa philosophie et sa sagesse.



Ce que j'en ai pensé :

Les trois frères Montgomery – Ryder, Owen et Beckett – aidés de leur mère, se sont mis en tête de ressusciter leur ancienne maison laissée à l'abandon pour le transformer en un merveilleux hôtel à Boonsboro. Quand le roman débute les travaux ont bien avancés, les frères y travaillent d'arrache-pied.
A la mort de son jeune mari, Clare et ses trois fils sont revenus s'installer à Boonsboro pour être près des grands-parents et des amis. Clare tient désormais le café-librairie qui se situe juste en face de la demeure en restauration. Clare et Beckett ont toujours été amis même si au plus profond de lui Beckett est depuis toujours amoureux de Clare. Mais après une visite du chantier qui intrigue tant le voisinage, une douce romance va se nouer entre eux.

Une romance sans grande intrigue, sans complication ni coup de théâtre, mais qui est très plaisante à lire. Entre Clare et Beckett va se nouer une romance comme si elle coulait de source même si trois petits garnements courent dans leurs jambes.

Les personnages sont attachants et le décor fait rêver. On a presque envie de le visiter nous aussi ce bel hôtel.

Quatrième de couverture :

A Boonsboro, petite ville du Maryland, les frères Montgomery ont un projet qui leur tient à cœur : transformer en hôtel une demeure vieille de deux siècles, laissée à l'abandon. Une de ces maisons dont Beckett, l'architecte de la famille, dirait qu'elle est "habitée" tant il sent parfois une insaisissable présence féminine entre ses murs. Comme d'étranges effluves de chèvrefeuille… Beaucoup moins insaisissables, en revanche, sont les sentiments qu'il éprouve depuis le lycée pour Clare, la libraire, de retour en ville avec ses trois enfants après avoir perdu son mari. Mais que pèse un flirt de jeunesse face à une véritable histoire d'amour marquée par un drame.




Ce que j'en ai pensé :


Un grand coup de cœur.

Les mots me manquent pour exprimer tout ce que j'ai pu ressentir au cours de cette lecture.
D'abord, et avant tout, un roman MAGNIFIQUE


Bien que volumineux ce livre se lit très facilement, une fois la première page ouverte vous ne pouvez plus le poser. L'écriture de Jean-Michel Denis est d'une grande fluidité, les paragraphes et les chapitres sont courts ce qui lui donne une grande puissance de vérité et de sensibilité et d'émotions.
Et puis c'est une belle histoire, une belle histoire d'amour, une belle histoire d'amitié aussi.
Eté 2003, une terrible canicule sévit sur la France. Louis et son fils viennent de prendre la mer afin de passer quelques jours ensemble. Mais à peine partis un coup de téléphone urgent du père de Louis les oblige à faire demi-tour. Pierre, cet octogénaire renfermé sur lui-même éprouve soudain le besoin de dévoiler son passé à son fils, il va alors remonter le temps jusqu'aux années difficiles de la seconde guerre mondiale.. Alors âgé de 19 ans, Pierre va connaître un Paris occupé par les forces allemandes. Avec son ami communiste Marcel, il ne va pas se laisser abattre. Ils vont se battre jusqu'au bout du conflit et essayer tant bien que mal de survivre. Ces années sont également des années d'amour avec la belle Sarah qui va avoir la douleur d'être confrontée à l'antisémiste. Des années où se nouent de belles et sincères amitiés, des années pendant lesquelles les gens se dévoilent.

Quatrième de couverture :

Eté 2003, une terrible canicule assèche la France. Louis et son fils s'apprêtent à prendre la mer au large de la Charente afin de trouver un peu de fraîcheur. Soudain, un coup de téléphone les oblige à faire demi-tour. C'est Pierre, le père de Louis. Cet homme discret, voire effacé habituellement, éprouve soudain un besoin capital de parler à son fils.
Pierre et Louis vont alors remonter le temps jusqu'aux années sombres de l'occupation à Paris, ce qui aura des conséqueces totalement inattendues et bouleversantes.
Editions Phébus
140 pages

Ce que j'en ai pensé :

Elles se sont mariées par correspondance, elles ont quitté leur pays le Japon pour l'Amérique, elles sont pour la plupart très jeunes et pauvres et rêvent en secret au bonheur. Mais à leur arrivée elles découvrent que la réalité ne correspond pas aux photos et aux courriers envoyés par ces jeunes maris qui bien souvent sont aussi pauvres qu'elles. Si ces maris leur avaient dit la vérité dans leurs lettres jamais elles ne seraient venues en Amérique accomplir une besogne qu'aucun Américain qui se respecte n'eût acceptée et elles comprenaient que jamais elles n'auraient dû quitter leur pays. Planter, désherber, laver, frotter... elles se jettent à corps perdu dans le travail. Elles rangent leurs miroirs, cessent de se maquiller, oublient de se coiffer. Elles n'écrivent plus à leur mère, pour quoi leur dire qu'elles ont été trompées de toute façon elles ne peuvent pas rentrer. Si elles revenaient, elles attireraient la honte sur la famille toute entière, les jeunes sœurs ne se marieraient jamais, si elles revenaient aucun homme ne voudrait plus jamais d'elles. Vieillies avant l'heure, elles sont restées avec leur mari, plus de rêves, plus d'envie, glacées de l'intérieur, travailler c'est tout. Puis un jour les rumeurs ont commencé à leur parvenir, la guerre, les maris arrêtés les uns après les autres, les affiches officielles qui donnent ordre à toutes les personnes d'ascendance japonaises de ... Ordre de quoi ?  Puis ils ont tout laissé, ils ont disparus mais où ? Un an plus tard toute trace de leur présence a disparu. Il y a des actions qui sont visibles et d'autres qui ne le sont pas. Ces choses-là arrivent et la vie continue…
Une voix qui témoigne pour toutes, qui les porte toutes tant elle est Puissante ,Tragique et Magnifique. Une voix qui raconte à la première personne du pluriel "Nous".  Troublante cette expérience de jeunes japonaises qui ont cru en une vie meilleure au début du XXème siècle, désillusions et douleurs voilà ce qu'en grande majorité elles trouveront. Mais la guerre leur promet le pire. Lorsque le Japon déclare la guerre aux Etats-Unis, tous les japonais sont internés dans des camps. Un livre très émouvant.

Quatrième de couverture :

Nous sommes en 1919. Un bateau quitte l'Empire du Levant avec à son bord plusieurs dizaines de jeunes femmes promises à des Japonais travaillant aux États-Unis, toutes mariées par procuration.
C'est après une éprouvante traversée de l'Océan pacifique qu elles rencontrent pour la première fois à San Francisco leurs futurs maris. Celui pour lequel elles ont tout abandonné. Celui auquel elles ont tant rêvé. Celui qui va tant les décevoir.
À la façon d'un choeur antique, leurs voix se lèvent et racontent leurs misérables vies d'exilées... leurs nuits de noces, souvent brutales, leurs rudes journées de travail dans les champs, leurs combats pour apprivoiser une langue inconnue, la naissance de leurs enfants, l'humiliation des Blancs... Une véritable clameur jusqu'au silence de la guerre et la détention dans les camps d'internement - l'État considère tout Japonais vivant en Amérique comme traître. Bientôt, l'oubli emporte tout, comme si elles, leurs époux et leurs progénitures n'avaient jamais existé.
 
Lecture qui fait partie du challenge :
 
 


Editions Flammarion
245 pages

Ce que j'en ai pensé :
Nous sommes en juillet 1961, une journée d'été...le 9 juillet
 Albert est ouvrier chez Michelin et vit dans un petit village non loin de Clermont-Ferrand. Il a deux fils. L'aîné, Henri, est parti faire la guerre en Algérie. Albert le connaît peu. Ce n'est que lorsqu'il est rentré de captivité à la fin de la seconde guerre mondiale, qu'il a connu ce fils, alors âgé de cinq ans, ils ne sont jamais arrivés à tisser des liens forts entre eux. Albert a un second fils, Gilles, un passionné de littérature qui passe ses journées dans les livres. Il est plongé dans la lecture de Balzac, Eugénie Grandet, et compare ses lectures au monde qui l'entoure. Lorsqu'un maître d'école à la retraite s'installe non loin de chez eux, Albert lui confie l'éducation de son fils, "Mon fils n'ira pas à l'usine car c'est un littéraire ! Et il n'y a pas de littéraires dans les usines".. Sa femme, Suzanne est une femme ordinaire, attachée à sa demeure et au bien être de sa famille. Son fils Henri lui manque, elle attend chaque jour ses lettres et lui envoie régulièrement des courriers accompagnés de photos. Elle a moins d'affection pour Gilles, ou du moins elle ne la montre pas. Madeleine Chassaing, la mère d'Albert, vit avec eux. Elle n'est plus que l'ombre d'elle-même, perdue dans ses souvenirs. Albert a été fait prisonnier sur la ligne Maginot en juin 1940. Depuis, comme bien des soldats, il s'est muré dans le silence. Au moment où sa femme s'apprête à faire entrer un poste de télévision (le premier au village), au moment où elle le trompe avec Paul (la première fois), au moment où de Gaulle prône le remembrement des terres agricoles, Albert ne parvient plus à vivre, tout ce qu'il a fait il l'a fait par devoir, par principe, par nécessité. Par manque de mots il est incapable d'hurler sa souffrance, il attend la mort en espérant que la balle imaginaire logée depuis bien longtemps près de son cœur l'atteindra bientôt. Mais la mort ne vient pas. Il lui semble bien qu'elle ne viendra pas s'il ne l'aide pas un peu.
La lecture de certains livres déclenche une grande émotion et charme sans qu'on puisse dire avec exactitude pourquoi. C'est le cas du roman de Jean-Luc Seigle. Ce roman est beau.  C'est l'histoire d'un homme usé par la vie qui ne veut plus continuer à vivre mais qui en véritable père Goriot souhaite le meilleur pour les siens. Ces pages nous racontent sa dernière journée. Un mélange de preuves d'amour, de protection, de réactions un peu vives. Une histoire qui nous parle du passé et du présent, de l'arrivée de la modernité dans un petit village et de la ligne Maginot, des choses secrètes enterrées sous les mots, des silences qui parfois font si mal.  Ce livre est beau.
Quatrième de couverture :
 9 juillet 1961. Dès le lever du jour, il fait déjà une chaleur à crever. Albert est ouvrier chez Michelin. Suzanne coud ses robes elle-même. Gilles, leur cadet, se passionne pour un roman de Balzac. Ce jour-là, la télévision fait son entrée dans la famille Chassaing. Tous attendent de voir Henri, le fils aîné, dans le reportage sur la guerre d’Algérie diffusé le soir même. Pour Albert, c’est le monde qui bascule. Saura-t-il y trouver sa place ?Réflexion sur la modernité et le passage à la société de consommation, En vieillissant les hommes pleurent jette un regard saisissant sur les années 1960, théâtre intime et silencieux d’un des plus grands bouleversements du siècle dernier.



Editions Gaïa
410 pages
 J'avais sept ans quand j'ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j'ai finalement mis mon projet à exécution ».

Ce que j'en ai pensé :
Eva, la narratrice,  l'annonce dès le début, elle a décidé de tuer sa mère et elle l'a fait. C'est ce qu'elle confie à son journal, un carnet que lui a offert sa petite fille pour ses cinquante-six ans.
A cinquante-six ans Eva n'a jamais trouvé la paix nulle part, ni dans le jardin, à la plage, ni même parmi ses roses qu'elle aime tant. Elle fête son anniversaire entourée de sa famille et de ses amis. Sa petite-fille, la seule qui semble vraiment la comprendre, lui offre un petit carnet dont les pages blanches "exigeraient leur lot de sacrifices, de témoignages et de victimes". Eva va effectivement nous révéler ses secrets profondément cachés, pendant trois mois, nuit après nuit, elle va faire renaître son passé et nous raconter comme elle en est arrivée à tuer sa mère. Il y a plus d'une façon de déterrer les choses, et elle , elle va le faire en écrivant. Les retours en arrière vont se mêler avec les moments présents, Eva va relater son quotidien avec Swen son compagnon, une vie qui apparemment est sereine au milieu de ses roses qui tiennent une place particulière dans sa vie, ses rencontres avec ses amies et leurs difficultés, ses moments passés avec Irène, une vieille dame qui perd un peu la tête, mais surtout elle va petit à petit se souvenir de ses relations iniques avec sa mère. Certaines conversations demeurent gravées dans sa mémoire et elle peut en rendre compte mot pour mot, d'autres incidents lui sont un peu plus fuyants. Elle va nous raconter ces moments où elle se réfugiait dans sa chambre et où elle sortait les oreilles de Buster de sous son oreiller pour tenter d'y voir plus clair sur les évènements qui se précipitaient. "Le pire et le meilleur coexistent, sans déteindre l'un sur l'autre".
Mis à part l'aspect tragique de ce roman, je me suis régalée en le lisant. C'est une lecture limpide et rigoureuse, intense, prenante, intime et courageuse, pleine de sentiments contradictoires, parfois tendres mais souvent incisifs. Au fil des mots, Eva raconte principalement et avec précision sa relation destructrice avec sa mère. L'aspect tourmenté de cette petite fille face à une mère tyrannique n'a pu que m'émouvoir même si j'appréhendai ce qu'elle, pourtant si jeune, était capable de faire et la fin tragique de cette histoire mère-fille. Je me suis révoltée bien des fois face au comportement ignoble de la mère d'Eva, certaines situations devenaient extrêmement pénibles. Je suis restée tendue et oppressée face aux agissements de cette jeune fille, qui n'hésite pas à échafauder des plans assez atroces pour préparer sa vengeance, mais malgré tout je n'ai pu m'empêcher de m'attacher à elle. C'est un roman qui par moments donne la chair de poule comme par exemple le sort réservé à ce chien Buster et à ses oreilles, de la compassion pour Björn pour qui la punition infligée est des plus cruelles, on se demande bien jusqu'où est capable d'aller cette fillette pour assouvir sa sentence, quelle force intérieure la pousse même si on en connaît le dénouement et comment après ce matricide ne pas la sentir coupable ?. Un roman que j'ai trouvé remarquable et passionnant, d'une grande intensité émotionnelle et impressionnant à bien des égards. Malgré tout l'intrigue est agrémentée de petites touches d'humour, de passages tendres ce qui permet de sourire un peu.

Quatrième de couverture :

Eva cultive ses rosiers. A cinquante-six ans, elle a une vie bien réglée qu'elle partage avec Sven. Quelques amies, des enfants et une vieille dame acariâtre dont elle s'occupe. Le soir, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. La nuit est propice aux souvenirs, aussi douloureux soient-ils. Peut-être aussi la cruauté est-elle plus douce lorsqu'on l'évoque dans l'atmosphère feutrée d'une maison endormie. Eva fut une petite fille traumatisée par sa mère, personnage fantasque et tyrannique, qui ne l'a jamais aimée.
Très tôt, Eva s'était promis de se venger. Et elle l'a fait, avoue-t-elle d'emblée à son journal intime.
Un délicieux mélange de candeur et de perversion.

Une lecture a ajouter dans le challenge :